Da Jia Hao ! 大家好!

Bienvenue sur ce blog !

Je m'appelle Maxime, et j'ai travaillé en tant que V.I.E. dans la ville de Shenyang entre le mois de Novembre 2009 et le mois d'Août 2011.

Me voici donc rentré en France, mais pour autant j'essaierai de continuer à faire vivre ce blog, car il me reste encore quelques histoires à vous raconter. Et pourquoi pas le prolonger plus tard ?

Ce blog est fait pour vous, mais merci de LAISSER UN COMMENTAIRE, car un post non commenté, c'est comme s'il n'était pas lu... Pour lire dans l'ordre chronologique, il faut commencer par la fin et lire de bas en haut. enJoy !

Voici l'heure qu'il est du côté de l'Empire du Milieu : horloge parlante
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mercredi 20 juillet 2011

Nouvel An Chinois

Encore un article un peu en retard sur l’actualité, mais puisque qu’en 2 ans de vie chinoise, je n’ai jamais vraiment assisté en personne au Nouvel An Chinois, j’estime qu’il n’y avait pas besoin d’écrire l’article en temps et en heure.
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Par où commencer ? Le nouvel an chinois est calculé sur le calendrier lunaire. Chaque année civile, ou plutôt dans le calendrier grégorien, il ne tombe donc pas toujours à la même date. En général, c’est tout de même relativement proche de notre nouvel an occidental, puisque la plage possible s’étale toujours entre le 21 janvier et le 20 février. C’est le premier jour du calendrier chinois, qui marque le début de la fête du printemps (春节, Chūn Jié), qui se déroule sur quinze jours et s’achève avec la fête des lanternes (元宵节, Yuán xiāo Jié). Comme par chez nous, c’est bien évidemment un moment de retrouvailles pour les familles chinoises. Mais ces retrouvailles ne sont pas faites au hasard, puisqu’elles obéissent à des règles assez précises. Je vais résumer brièvement, pour éviter de faire un plagiat de Wikipédia (mais je vous encourage à aller jeter un coup d’œil, c’est plutôt intéressant) : en guise de préparation, un “petit nouvel-an” est organisé dans les familles. Ensuite vient le véritable réveillon, généralement au sein de la famille paternelle. Une chaîne de pétards doit être allumée dès onze heures du soir ou minuit (voir plus bas…), par tradition visant à chasser les esprits maléfiques. Le jour du premier de l’An est généralement réservé aux visites. Les gens portent des vêtements neufs, et il faut porter au moins un élément rouge. C’est en général les sous-vêtements, au moins pour les femmes, et il est assez marrant de voir que les magasins de lingerie se font dévaliser à l’approche du Nouvel An, et qu’il n’est plus possible de trouver le moindre sous-vêtement rouge à cette époque de l’année. Le deuxième jour est traditionnellement celui où les femmes mariées rendent visite à leur famille avec enfants et mari. Le cinquième jour est en général celui où les commerces rouvrent. Le huitième ou neuvième jour — selon les régions — est l’anniversaire du dieu du Ciel (天公, Tiān gōng). Une cérémonie se déroule chez soi ou au temple tard le soir, au début de la nouvelle journée. Le quinze du premier mois est la dernière journée de la fête du printemps, marquée par la fête des lanternes.
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Vous imaginez donc bien que pour respecter ces règles, surtout si les familles des époux et femmes ne vivent pas à côté (et “pas à côté”, en Chine, ça peut faire assez vite “franchement super loin”), ça fait assez vite beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP de monde dans les transports en Chine. On évalue à 200 millions de personnes en déplacement pendant la semaine du Nouvel An Chinois chaque année. Déjà qu’en période “normale”, c’est pas toujours marrant de voyager en Chine (il me semble que je vous en ai déjà parle, non ?), vous comprenez maintenant pourquoi, outre le fait qu’il fait environ -10 à -15°C à cette époque à Shenyang, j’ai toujours fait en sorte de me trouver au soleil et pas en Chine à cette période de l’année.
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Autre aspect qui peut amener le laowai moyen à quitter le pays : le bruit. Chaque année, par tradition visant à chasser les esprits maléfiques, les autorités chinoises autorisent les tirs de feux d’artifice pendant une certaine période (en gros, 1 semaine avant le Nouvel An jusqu’à 1 semaines après, soit presque un mois complet), et cette autorisation est valable pour n’importe qui : en gros, n’importe quel quidam peut s’acheter de quoi faire sauter une banque et décider d’allumer le machin à peu près n’importe où. Je vous laisse essayer d’imaginer le bazar. Et c’est du non-stop toute la journée et toute la nuit. Eh oui, ils sont plus d’un milliard les chinois, rappelez-vous, donc y’en a toujours un disponible pour allumer une chaine de pétards (voire un carton de Bison IV…). Donc les premiers jours, on trouve ça marrant. Il y a de l’animation, on trouve des montagnes de restes de papiers rouges de pétards sur les trottoirs, ça sent le soufre, c’est bon enfant. Mais quand ça dure toute la journée et toute la nuit, on finit par en avoir ras le bol !
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Cette année, un hôtel de luxe à Shenyang a même été détruit par un très sérieux incendie suite à des explosions de feux d’artifice depuis un balcon de l’hôtel. Les étincelles auraient mis le feu à une pelouse en plastique, et les flammes se sont propagées à tout l’immeuble. Les pompiers n'ont pu l'éteindre car leur lance d'eau n'allait pas plus haut que 50 mètres alors que l'immeuble faisait 219 mètres de hauteur. Ce genre d’incident n’est pas inédit, et même dans les grandes villes comme Shanghai ou Beijing, des immeubles avait déjà été incendies. Cette année à Beijing, des incidents ont également eu lieu suite à des explosions de feux d’artifice de mauvaise qualité. Ces incidents conduisent les autorités à limiter l’usage de ces explosifs dans les centres-villes ou au moins à proximité des bâtiments, mais malheureusement il semble que ça ne soit pas toujours bien respecté partout !
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Pour finir sur une note positive quand même, le Nouvel An chinois rime aussi avec des décorations très sympathiques. Les portes de maisons notamment sont par tradition parées de décorations rouges qui forment une porte rouge au milieu de laquelle est placée un caractère 福 (fú, synonyme de bonne fortune, de bonheur), souvent dans un losange. Et partout dans la rue, dans les magasins, c’est bien entendu la couleur rouge, elle aussi synonyme de chance et de bon augure, qui domine. Bref, ça ne vaut peut-être pas le coup de rester toute la période du Nouvel An, mais si vous passez en Chine à ce moment, c’est quelque chose qui est intéressant à observer.

lundi 18 juillet 2011

Crise du sel en Chine

Article très en retard au regard de l’actualité, mais bon, on ne peut pas toujours être en phase avec les évènements : je vais vous décrire une anecdote assez marrante de l’après-Fukushima en Chine.
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Comme un peu partout dans le monde, et peut-être à plus juste titre en Asie qu’en Europe (j’ai ouïe dire que des mesures de radioactivité avaient été réalisées à Clermont-Ferrand dans la semaine qui a suivi l’incident nucléaire… ridicule…), une certaine panique s’est emparée des populations. Le nucléaire a toujours fait peur et ça n’est pas près de s’arrêter demain. Je dois dire que moi-même a un certain moment, j’étais content de voir que le vent soufflait dans le “bon” sens. Bref, au-delà de l’inquiétude presque normale liée à ce genre d’incident, une panique un peu plus amusante pour nous autres laowais s’est propagée au sein de la population chinoise, atteignant même une ampleur nationale.
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Je ne suis pas sûr de savoir d’où la rumeur est partie, mais toujours est-il que les chinois se sont mis à croire qu’une pénurie de sel allait arriver, puisque la centrale étant au bord de la mer, le sel allait “forcément” être contaminé. Par ailleurs, certaines rumeurs circulaient et vantaient les bienfaits du sel iodé pour lutter contre les radiations. S’en est suivi une ruée vers les supermarchés, qui se sont effectivement fait surprendre par la folie consommatrice. En moins d’une semaine, il était devenu presque impossible de trouver le moindre paquet de sel iodé, et dans les rares endroits épargnés par la pénurie, les prix avaient explosé (5 à 10 fois plus cher qu’avant la crise japonaise).
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Malgré les appels au calme du gouvernement, qui rappelait que 80% de la production de sel chinois est d’origine terrestre, que les réserves étaient plus que garanties, et qu’enfin le pays n’avait pas été affecté par les radiations, rien n’y faisait. Et devant les files d’attentes de plusieurs heures, parfois dès sept heures du matin, il a fallu rationner. Ainsi, chaque acheteur ne pouvait acheter plus de 350g de sel. Ceci n’empêchait pas certaines personnes de faire plusieurs fois la queue. D’autres ont eu l’idée de dévaliser la sauce de soja riche en sel. Car si le sel non contaminé venait à manquer, la sauce de soja également ! En conséquence, les actions de la Yunnan Salt & Salt Chemical Co ont augmenté de 10 % en une journée.
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Finalement, les sanctions du gouvernement à l’encontre des magasins qui surfacturaient les paquets de sel iodé, et la répression auprès de ceux qui avaient fait partir la rumeur sur des réseaux sociaux, semblent avoir eu raison de cette petite crise.
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Quelques liens pour ceux qui voudraient en savoir plus :

dimanche 26 juin 2011

Match de foot à Shenyang

Un dimanche de mai, nous sommes allés assister à un match de football dans l’un des deux grands stades de Shenyang. Pour rappel, ces stades ont accueilli les matchs des épreuves olympiques en 2008, donc ils sont assez balèzes (au moins 50 000 places je dirais). Le match du jour opposait une équipe de notre province, le Liaoning (辽宁宏运, Liáoníng Hóngyùn) à une équipe de Beijing (北京国安, Běijīng Guóān).
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Grosse ambiance, beaucoup de monde aux abords du stade, avec les parures habituelles pour ce genre d’événements. Les supporters de Shenyang sont tous en rouge et noir, ce qui n’est pas fait pour me déplaire, les fanfares sont là, bref, je retrouve une atmosphère familière et ça ne fait pas de mal ! Malheureusement, la comparaison s’arrête là. Ou presque. Car si l’ambiance paraissait bon enfant à l’entrée du stade, elle est tout autre à l’intérieur. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas exactement un grand fan de football, et que je ne fréquente pas très souvent les stades, mais l’impression que j’en ai, c’est que les supporters (en excluant les hooligans et autres casseurs) viennent avant tout pour encourager leurs équipes, et non pour pourrir les adversaires. Ici, c’était tout le contraire. La tribune dans laquelle nous nous trouvions devait être celle des “ultras”, donc nous étions en plein milieu d’une foule rouge et noire, équipée de drapeaux, d’écharpes et de mégaphones, et visiblement aguerrie aux rites locaux, qu’ils soient chants ou danses. La plupart de ces chants, que dis-je, l’immense majorité d’entre eux, consistaient à insulter profondément l’adversaire (avec un focus tout particulier sur les mamans des joueurs…), à huer les joueurs entrants comme sortants, à siffler toutes les fautes, et bien sûr à ne pas respecter le silence avant les coups francs. Bref, un modèle exemplaire du fair-play chinois.
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Mais bon, vu le niveau général sur le terrain (à peine niveau nationale 2, voire CFA je dirais…), c’était assez risible de voir tous les beaufs chinois s’agiter tous en cœur dans les tribunes. Et puis comme le soleil était au rendez-vous, l’après-midi était belle, et le prix de la place était relativement dérisoire (30 yuans, soit un peu plus de 3 euros…), bref, c’était quand même une expérience qui valait le coup.

mardi 14 juin 2011

Wu'Ai market

Comme promis, voici enfin l’article sur Wǔ’ài market, dont je vous avais déjà parlé auparavant.
Les différents bâtiments communiquent entre eux via des passerelles, mais ça ne rend pas forcément la circulation beaucoup plus facile !
Comme toute bonne ville chinoise qui se respecte, Shenyang possède un grand marché où l’on peut trouver à peu près tout, et surtout n’importe quoi. Ce marché s’appelle Wǔ’ài Shìchǎng (五爱市场), et c’est toujours une expérience toute particulière de s’y rendre. C’est le marché chinois par excellence : un dédale d’allées remplies de toutes petites échoppes, avec un semblant d’organisation mais pas trop quand même, et surtout, surtout, en permanence bondé, bruyant, avec des vendeurs qui hurlent pour vous faire rentrer dans leurs magasins, des négociations féroces sur les prix, et bien sûr des lǎowài qui viennent se faire plumer !
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Il y a en fait plusieurs bâtiments, plus ou moins dédiés (chaussures, fringues, sous-vêtements et le “nouveau”, où l’on trouve tout le reste). Petit détail, dans chacun de ces bâtiments, les escalators ne font que monter : impossible d’en trouver un pour descendre ! Et il est également pas évident de trouver les escaliers de service, planqués à chaque fois à l’un des coins du bâtiment. Malins ces chinois !
Comme dans tout endroit chinois qui se respecte, on trouve bien évidemment des gens qui mangent... .
... et des gens qui dorment ! .
Malgré cela, c’est devenu notre repaire pour nous approvisionner en déguisements, en souvenirs, et surtout en chinoiseries bien moches et bien kitsch pour faire des cadeaux stupides. Martin et Damien en ont fait la douloureuse expérience quand ils sont venus, puisqu’ils sont repartis respectivement avec un chat en or avec un bras articulé et une tirelire cochon recouverte de paillettes dorées. Lorsque Alain a décidé d’organiser une soirée de Noël avec pour consigne d’acheter un “cadeau chinois”, c’est naturellement vers Wǔ’ài que presque tout le monde s’est rué.
Les cadeaux respectifs de Martin et Damien. Ah, ils étaient bien contents ! .
Bilan des courses : des ânes aux gros yeux qui dansent, une lampe en forme de bonhomme avec un interrupteur fort bien placé, une splendide grenouille surmontée d’un chou chinois en jade (les deux sont symboles de richesse en Chine, alors les deux en même temps, je vous laisse imaginer le truc…), une tirelire Pingouin QQ, bref, que du très très bon ! En image, un petit aperçu du “musée du kitsch”:
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La grenouille sur le chou... si avec ça vous faites pas fortune, je ne comprends pas... .
Cela dit on peut quand même trouver pas mal de choses sympas : par exemple, une boutique vend des “vrais” foulards Hermès avec la “vraie” facture de Hong Kong. On peut aussi trouver pas mal de belles montres, ou faire copier des lunettes de vues, le tout pour un prix vraiment dérisoire.

jeudi 16 septembre 2010

Encore un peu de circulation... et de Chinglish !

Avouez que ça vous manquait, ça doit faire au moins 3 mois que je ne vous ai pas parlé de circulation sur ce blog. Au menu du jour : les accidents de la route.
Premier constat, malgré la conduite quelque peu « différente » pratiquée par les chinois, il est surprenant de voir que les accidents sont relativement peu nombreux. Du moins, à Shenyang, où j’ai très rarement vu de gros cartons, alors qu’il est vrai qu’en 10 jours dans le Yunnan, j’ai vu 2 camions renversés, une camionnette encastrée dans un parapet, et une voiture de l’autre côté d’un fossé ! Ceci est très certainement dû au fait que bien que les chinois conduisent très mal en ville, ils ont au moins le mérite de ne pas conduire trop vite, et donc les catastrophes peuvent souvent être évitées.
Deuxième aspect assez surprenant, c’est la réaction face à un accident. En Chine, il semblerait qu’il faille attendre la police pour rédiger le constat d’accident. Et de fait, pour que la police puisse juger complètement de la situation, on ne déplace pas les véhicules… même si l’accident a eu lieu au beau milieu d’un énorme carrefour ! Ainsi quand un accident se produit (presque toujours au niveau d’un carrefour), on assiste à des scènes de chaos où les files de voitures contournent maladroitement les accidentés, le tout dans un concert de regards tantôt curieux, tantôt amusés, tantôt ébahis, et dans une symphonie de klaxons à vous faire péter les tympans.
Dans un registre un peu moins rassurant, il semblerait que si vous avez un accident dans la rue, par exemple si vous vous faites renverser par une voiture, personne ne va vous toucher avant l’arrivée de la police ou des secours. Il n’y a personne qui va se proposer pour faire les premiers soins à une personne blessée. Et ce n’est pas vraiment par désintérêt ou par peur de mal faire : apparemment, si quelqu’un vous touche, vous êtes ensuite en droit de lui demander de prendre à sa charge tous vos frais d’hospitalisation. Vu le salaire moyen des chinois, il est facile de comprendre qu’ils n’ont pas forcément envie de soigner leur prochain ! Bon du coup faut faire doublement gaffe quand on traverse la rue…
Pour finir, parce que vous avez été sages, voici un petit update des fameux « Road signs » de Shenyang. Apparemment, ils ont lancés une « campagne des 100 jours » pour lutter contre l’insécurité routière. Les résultats, sont mitigés, comme on dit… Mais l’essentiel est toujours là : les traductions des messages sont encore en Chinglish !
  • Taking resolved measures at any price to curb serious road traffic accidents.
  • All police and people take part in and to win the battle of 100-day action of concentrated controlling of the road traffic safety.
  • Ensuring smooth city traffic and making safe and harmonious Shenyang.
  • Developing Liaoning public security spirit and swearing to completely win the concentrated controlling road traffic safety.
  • Actively taking part in 100-day action of concentrated controlling road traffic safety, and conscientiously resisting various traffic illegal acts.
  • Taking resolved measures, promote 100-day action of centralized controlling road traffic safety with full effort.
  • All people take part in 100-day action of concentrated controlling road traffic safety to make safe and harmonious road traffic environment together.
  • Having civilized and law-abiding travel; conscientiously resisting various traffic illegal acts.

vendredi 6 août 2010

Les chinois(es) n’aiment pas le soleil

Maintenant que l’hiver a laissé place à l’été, le climat continental de Shenyang s’exprime complètement, il est fait souvent chaud, et quelque fois très beau. Et quand le soleil tape, il tape plutôt bien ici, et visiblement les chinois n’aiment pas trop ça. Ainsi, malgré la chaleur, il n’est pas rare de voir des chauffeurs de taxi porter des manchettes (ou au moins une sur le bras gauche) pour éviter de bronzer sur les avant-bras. De la même façon, on voit beaucoup de femmes se promener avec des ombrelles (et aussi des lunettes de soleil à l’italienne, qui prennent plus de la moitié du visage) dans la rue. D’ailleurs bien souvent ce ne sont pas des vraies ombrelles, mais des parapluies bien opaques qui ne laissent pas passer un seul rayon. Car l’idée n’est pas d’éviter les coups de soleil, c’est d’éviter de bronzer tout court.
Mais il faut se rappeler qu’il n’y a pas si longtemps que ça en France, et j’imagine un peu partout en Europe, le bronzage n’était pas encore forcément bien vu, car il signifiait bien souvent que l’on travaillait dehors, et donc que l’on n’avait pas une bonne situation. Ici, l’origine du phénomène est à n’en pas douter la même, mais il a survécut plus longtemps. Avant de partir, je lisais un bouquin écrit au début du XXème siècle sur la Chine rurale du XIXème, qui mettait en scène un paysan qui devenait riche, et qui s’étonnait de recevoir des critiques sur la couleur de sa peau, ou la taille de ses mains. Etre bronzé, c’est donc encore plutôt mal vu. Dans un autre registre, j’ai constaté que beaucoup de chinois (y compris les hommes) gardaient leurs ongles relativement longs, ou au moins un doigt (l’auriculaire) avec un ongle long. J’ai entendu plusieurs théories, comme quoi cet ongle long servait à se curer le nez ou les oreilles (bon appétit bien sûr), mais la plus intéressante est qu’il s’agit en fait d’un moyen de prouver qu’ils peuvent garder leur ongle propre, autrement dit qu’ils ne sont pas de simples roturiers qui travaillent dans les champs ou sur des chantiers, mais qu’ils ont un travail dans un bureau.
Moi je quitte le bureau pour 2 semaines (youpi !), direction Shanghai pour un mariage, puis le Yunnan pour un trip avec les potos !!! J’espère qu’il y aura plein de soleil, parce que pour le moment, c’est pas trop gagné… Priez pour nous ! A bientôt !

mercredi 4 août 2010

Vous avez dit maintenance ?

Je vous en avais déjà parlé, nombreux sont les bâtiments qui sont laissés à l’abandon après avoir été vidés de leurs occupants. Ces immeubles en ruine (n’ayons pas peur des mots), qui ont déjà les vitres défoncées et les portes arrachées pour éviter d’éventuels squatteurs, sont alors détruits complètement, rasés jusqu'à la base, et bien souvent remplacés par des immeubles flambants neufs, très souvent plus hauts, mais qui sont montés tellement rapidement (ça aussi, je vous en avais parlé) que l’on peut se demander si le même sort ne les attend pas dans les prochaines années. Et quand je dis les prochaines années, c’est peut-être à peine une décennie, tant le climat peut se montrer rude ici à Shenyang, et tant les constructions sont faites rapidement et semble-t-il sans le soin nécessaire pour espérer résister aux intempéries. Mais il n’y a pas que les intempéries qui abîment ces bâtiments : les entrées d’immeubles chinois ne sont pas vraiment entretenues, et très rapidement, les parties communes (lobby, ascenseurs, …) deviennent sales, dégradés, etc…
Celui-ci est quand même déjà bien haut, je ne sais pas s'ils vont le raser pour en faire un autre...
Ceci est révélateur d’un aspect très surprenant de la mentalité chinoise. Quand quelque chose vieillit, on le consomme jusqu'à ce qu’il ne puisse plus servir, puis on le jette et on en rachète un autre (si possible, en mieux), et ainsi de suite. La notion de maintenance, ou d’entretien, est quasi inexistante. C’est ainsi qu’au sein de nos ateliers, nous avons du mal à faire en sorte que nos machines fonctionnent bien, car très souvent, certaines pièces sont défectueuses, mais pas encore complètement cassées. Les gars de la maintenance ne voient donc pas l’urgence à changer lesdites pièces, puisque la machine fonctionne encore à peu près bien. Or ce que l’on veut nous, c’est que ces machines fonctionnent à 100% de leur capacité, et dans leur état original (ou du moins, un état le plus proche possible de l’origine).
Sûrement un restaurant qui n'a pas résisté aux nouvelles chaînes qui pullulent dans les énormes centres commerciaux à deux pas de là
Cet aspect se retrouve donc un peu partout. Dans nos usines (et j’imagine dans beaucoup d’autres usines chinoises, avec certainement des degrés plus avancés, puisque nous poussons énormément nos équipes de maintenance à agir, et je ne pense pas que ce soit le cas partout dans les usines 100% chinoises), dans le bâtiment, dans l’automobile (certains taxis dans lesquels je suis montés n’avaient pas moins de 800 000kms au compteur, et ne semblaient pas vraiment prêts à s’arrêter de sitôt !), etc… Plus inquiétant, cela n’a pas l’air d’être sur le point de changer. Par exemple, bien que tout le monde constate que faire les trottoirs avec des grandes dalles de marbre, ce n’est pas une super idée, parce qu’avec les infiltrations et le gel en hiver, ça donne des dalles explosées et des trous et des bosses, on voit partout où l’on construit de nouveaux centres commerciaux que les trottoirs y seront gentiment pavés… avec des grandes dalles de marbres…

dimanche 13 juin 2010

6 mois

Cela fait 6 mois que je suis arrivé à Shenyang. 4 bons mois d’hiver bien franc, bien glacial, et bien morose, 1 mois de transition, qui ressemblait quand même plus à l’hiver qu’au printemps, et un dernier mois qui a vu l’été arriver à la vitesse d’un cheval au galop, chassant l’hiver et le printemps d’un même coup de sabot. Shenyang la froide, Shenyang la grise, est peu à peu devenue une ville plus verte, plus fleurie. Certes, les constructions ont repris, et comme je l’avais annoncé, les buildings poussent comme des champignons, donc Shenyang reste une ville bien poussiéreuse, mais avec ce petit vent qui chasse la pollution et la poussière, on se surprend à apprécier un peu plus la vie ici.
6 mois que j’apprends le chinois également. Un apprentissage bien difficile, bien plus difficile que pour l’espagnol – « une vie ne suffirait pas », disent certains – mais qui ma foi commence à porter des fruits. Sans être opérationnel, mon chinois m’aide à mieux passer au boulot. Les chinois ne sont pas tous très patients, mais ceux qui le sont apprécient généralement l’effort concédé, et une idée formulée dans un chinois approximatif sera bien souvent mieux reçue que formulée dans un anglais parfait mais pas toujours bien compris. Et puis il y a l’en-dehors du boulot, avec ici aussi des gens très surpris quand on arrive à leur sortir des phrases compréhensibles et à peu près dénuées de fautes. Mais si le chinois peut apporter une satisfaction immense les jours où ça marche, la frustration n’est jamais très loin, et l’on a vite fait de retomber dans le « j’y arriverai jamais, c’est beaucoup trop dur ».
6 mois et un autre constat, lié au précédent : je n’ai peu ou pas d’amis chinois. A part mes collègues, ma professeur, et le personnel de mon hôtel, force est de constater que je ne rencontre presque jamais de chinois, tant la barrière de la langue est difficile à franchir. Pourtant, certains me l’assurent : « si tu rencontres un chinois et que tu t’efforces de passer du temps avec lui, le reste suivra tout seul et tu feras bien plus de rencontres ». Mais ces gens-là ont déjà un niveau de chinois plus que respectable qui me fait dire que ça prendra peut-être un peu plus de temps que prévu.

lundi 7 juin 2010

La folie des malls

Au menu de ce deuxième volet sur la consommation : les centres commerciaux, ou gòu wù zhōng xīn (购物中心).
Rien qu’à Shenyang, je ne saurais dire combien il y en a. Historiquement, Shenyang comportait déjà il y a un siècle 2 rues commerçantes principales : Zhōng Jiē (中街, rue du centre), et Tài Yuán Jiē (太原街, rue de Taiyuan), dont je vous ai déjà montré quelques photos. Autour de ces rues, on pouvait donc raisonnablement s’attendre à une concentration de commerces un peu importante. Mais pour des raisons qui m’échappent encore, il semble que les chinois ne peuvent pas se contenter d’un ou deux centres commerciaux autour d’une grande rue. Rien qu’autour de Tài Yuán Jiē, il n’y en a pas moins de 10 (et encore, j’en manque peut-être), la plupart possédant au minimum 4 ou 5 étages. Il y a aussi un souterrain sur 2 niveaux, appelé « Fashion Street ». Généralement, ces centres commerciaux sont assez bien organisés et propres, façon Galeries Lafayette, et vendent des articles très très chers : on trouve ainsi très souvent un premier niveau avec des stands de produits de beauté, puis des magasins de montres et de bijoux, ensuite il y a généralement un étage pour les hommes, un autre pour les femmes, et un dernier pour les enfants. Dans chacun d’eux, on trouve bien entendu la plupart des grandes marques mondiales pour tous les types de produits. Certains centres ont des étages dédiés au sport, à la porcelaine, aux services à thé, etc. ; certains sont même dédiés entièrement au sport, à la porcelaine, aux services à thé. Bref, je pense que l’on peut aisément trouver tout ce que l’on cherche dans ces centres commerciaux. Le problème, c’est qu’ils sont tellement grands et tellement nombreux que l’on ne sait pas vraiment par quel bout commencer, et donc on perd un temps fou. L’autre jour, par exemple, il m’a fallu faire 3 ou 4 centres pour trouver un pantalon blanc pour une soirée « Sud-Ouest ». Mais j’imagine que cela fait partie du plan, un peu comme les organisations dans les supermarchés : plus le client doit passer de temps dans les magasins, plus il a de chances de succomber à la tentation et d’acheter des choses qu’a priori il n’avait pas l’intention ou le besoin d’acheter en entrant. Autre aspect assez surprenant et déjà évoqué dans mon post précédent, le nombre de vendeurs dans ces magasins : dans une superficie de 50m², il n’est pas impossible de trouver jusqu'à 10 ou 12 vendeurs !
Bien que Shenyang soit une ville moderne et tout et tout, il n’en reste pas moins que la pauvreté y existe encore. Le contraste est même saisissant, puisqu’à quelques blocs à peine de ces flamboyants centres commerciaux, on trouve encore des petites rues poussiéreuses encombrées de gens jouant aux cartes ou au mah-jong sur les trottoirs, de vélos et de tricycles surchargés de marchandises diverses, et qui abritent encore plein de petites échoppes sombres, qui elles aussi vendent de tout. Parfois j’ai même l’impression de changer d’univers en parcourant à peine 500 mètres, et je vois presque le même décalage qu’entre Bluefields et New York ! D’où la question (légitime ?) que l’on peut (doit ?) se poser : qui sont les gens qui vont dans ces gigantesques super-centres, et qui sont ceux qui continuent de consommer dans ces échoppes plus traditionnelles ? D’où vient ce décalage si immense entre les gens qui ont gardé sensiblement le même mode de vie qu’il y a trois décennies, et ceux qui achètent des Rolex et roulent dans des grosses berlines toujours impeccablement lustrées ? Jamais cette différence ne m’avait sauté aux yeux de manière si frappante. Qui plus est, il semble que la société toute entière est portée par cette dynamique frénétique de consommation. On construit des centres commerciaux, de la même manière que l’on construit des immeubles ici. Un seul, ce n’est jamais assez. Il faut que ca en jette, il faut que ca ait de la gueule, alors il faut en mettre tout plein. Mais parfois, il me vient une brusque envie de vraiment savoir bien parler chinois pour demander aux personnes âgées ce qu’elles pensent de la société qu’elles ont devant les yeux, et peut-être aussi pour demander aux plus jeunes s’ils réalisent ce qu’ils sont en train de faire…

jeudi 27 mai 2010

La folie des supermarchés

Voici le premier volet d’un double post qui montre à quel point la société chinoise est de plus en plus tournée vers la consommation. Au menu : les supermarchés en Chine !
Elles sont bonnes, mes chips !
Il existe des supermarchés chinois et des supermarchés étrangers (Carrefour, Wal-Mart, etc.), mais franchement à Shenyang tous se ressemblent, en ce sens qu’ils sont toujours pleins à craquer, bruyants, et que globalement, c’est très très pénible d’y faire ses courses. Ma description ne correspond peut-être qu’à Shenyang (quand je me suis baladé dans les quelques villes chinoises que j’ai visité, je ne me suis pas amusé à aller faire des courses, donc les commentaires de ceux qui savent sont les bienvenus !), mais voici un petit aperçu de ce que je vis : les supermarchés sont toujours relativement grands (2 à 3 étages), avec en général un énorme espace dédié aux produits frais. Le personnel est surabondant et omniprésent, ce qui est sympa au début quand on cherche quelque chose (quoique, avec mon niveau de chinois…), mais ça devient pénible quand par exemple, on a le malheur de se promener un peu mal rasé dans le rayon hygiène a la recherche de dentifrice, et que l’on se voit tendre 4 modèles de mousses à raser par 4 vendeuses. Mais sur ce point, avec un peu d’astuces, on finit par se fondre dans la foule sans trop se faire emm… repérer. Il y a en revanche quelque chose auquel on ne peut vraiment pas échapper, c’est le bruit. Déjà, le bruit de la foule, que l’on connaît déjà par chez nous les week-ends, mais le pire, ce sont les micros des vendeuses qui à longueur de journée haranguent le client pour le faire découvrir, sentir, toucher, goûter, acheter. Vous allez me dire que tout ça n’est pas vraiment typiquement chinois. En France aussi il y a des speakers qui vantent les promotions du jour. Oui, mais il n’y en a pas 50 qui hurlent tous en même temps.
Deux vendeuses avec l'indispensable micro, pour vendre du café
Quelques points positifs/sympas quand même : les fruits et légumes sont très variés, et à chaque fois on découvre quelque chose de nouveau. Au-delà du bruit et du harcèlement de certains vendeurs, les personnes derrière les comptoirs sont en général très serviables, et n’hésitent pas à prendre le temps de bien vous choisir vos fruits et légumes, vos morceaux de poisson ou de viande, etc. Les prix sont bien évidemment très sympathiques pour un consommateur habitué aux tarifs européens. Et enfin, les caisses sont très nombreuses et caissières ont le mérite d’être plutôt efficaces, donc les temps d’attente sont toujours raisonnables.
Seul Metro échappe un peu à cette règle, sans doute parce qu’il faut une carte pour y entrer, et que les prix sortent un peu plus des normes chinoises. On peut y apprécier le calme, la largeur des allées, l’absence de monde, et puis la présence de nombreux produits importés. Mais ensuite à la caisse, le portefeuille apprécie en général beaucoup moins !

lundi 10 mai 2010

发票 (fā piào) ou la Chinoise des Jeux

fā piào est le mot chinois pour désigner les reçus, factures, additions (au restaurant) pour tous les achats que l’on effectue. Jusqu’ici, rien d’anormal. En France aussi, certains professionnels demandent ce genre de factures pour se faire rembourser par leur entreprise, j’en connais d’ailleurs qui se font relativement plaisir avec leurs notes de frais, hein messieurs les consultants ?
Les reçus dans les taxis n'ont pas de partie à gratter. J'imagine que ce serait trop compliqué à gérer. Déjà qu'ils en bavent pour les sortir de leur compteur, ça serait vraiment trop long...
En Chine, les fā piào ont néanmoins une autre valeur. Au restaurant, par exemple, ces reçus comportent une partie détachable avec un petit cadre que l’on peut gratter, façon Banco ou Millionnaire, avec à la clé non pas les « 3 télés », mais des petites sommes, allant de 5 jusqu'à tout de même 1000 yuans (environ 100 euros, un peu plus maintenant avec le taux qui se casse la gueule). Tout comme avec la Française des Jeux, apparemment on ne gagne qu’une fois l’an (j’ai gagné 5 yuans le mois dernier, c’est bon pour 2010…).
Mais il semblerait que ces fameux fā piào aient une valeur au-delà du simple jeu à gratter. Ou plutôt qu’il y ait tout un trafic autour de ces petits bouts de papiers qui semble-t-il peuvent faire gagner beaucoup plus qu’ils n’y paraissent. Par exemple, en ce moment, j’ai la chance de prendre le taxi le matin avec des expats ou des gens en déplacement, qui sont remboursés sur leur déplacement parce qu’ils ont choisi cette formule et non pas d’avoir un chauffeur. Donc tous les matins, ces gens-là collectent leurs fā piào et tous les mois ils se font rembourser par la boîte. Mais quand je prends le taxi seul, moi je n’en demande pas, parce que 1) je ne suis pas remboursé, et 2) ça prend un temps fou à imprimer dans les taxis, j’ai pas que ça à foutre. « ERREUR ! » me diraient les chinois, car je pourrais sûrement faire un trafic de fā piào, par exemple revendre mes fā piào avec une somme de 20 yuans dessus à seulement 15 yuans. Ça me ferait 15 yuans dans la poche, et l’acheteur se ferait une marge de 5 yuans auprès de son employeur. Ça respire l’honnêteté tout ça, hein ?
Autre aspect, moins malhonnête mais très tordu : certaines entreprises n’acceptent que les reçus chinois. Ainsi, si vous partez en voyage d’affaire à l’étranger, toutes vos factures collectées ne seront pas prises en compte. Aussi, si vous voulez vous faire rembourser, il faudra collecter un nombre de fā piào équivalent à la somme que vous avez dépensé à l’étranger. Autant dire que pour des chinois dont le salaire est déjà relativement moyen, il peut être vraiment difficile d’accumuler suffisamment de reçus, surtout quand les sommes dépensées en dehors du pays sont importantes. Pas si évident…

samedi 20 mars 2010

Le chinois se lève

La Chine et les chinois ne sont certes pas réputés pour leur respect les uns envers les autres. Comparés à leurs voisins japonais, ils peuvent même passer pour de sombres rustres, chez qui les concepts de patience, de file d’attente, de tapage nocturne, de sécurité routière, ou encore de courtoisie semblent inconnus. Ça, c’est la vision que l’on a au départ. Dans la rue. Dans les bus, les taxis. Dans les gares, les aéroports, les trains, les avions. Bref, dans les lieux publics ou dans les endroits où l’on n’a pas vraiment de contacts proches avec les gens.
Puis l’on se rend au boulot. Au-delà des surprises initiales, du choc des cultures (je ferai sûrement un autre article là-dessus), bref, de la période de transition, on voit apparaître des chinois différents de ceux que l’on peut croiser dans la rue. A tel point que l’on se demande où sont passés les horribles rustres, ou plutôt où se cachent les gentils chinois du bureau en dehors des heures de boulot. Mais la réponse vient vite : si le chinois respecte une chose, c’est bien son manager. Et par extension, toutes les personnes qui semblent de son niveau (intellectuel ou hiérarchique) seront respectées de la même façon. Ainsi, quand je vais discuter avec un collègue, s’il est assis à son bureau et que je reste debout le temps de lui poser ma question, il va presque instantanément se lever, pour se mettre à niveau avec moi. Je ne suis pas très sûr de savoir comment interpréter cela : est-ce par ce qu’il ne veut pas se sentir « inférieur » ; ou est-ce un signe de respect ? Affaire à suivre…
Le respect pour le manager s’exprime aussi en son absence. Certes, comme partout j’imagine, on sent un certain relâchement quand le boss n’est pas là, mais par exemple, quand ma chef est partie en vacances 2 semaines en nommant un de mes collègues comme « chef intérimaire », celui-ci refusait obstinément qu’on l’appelle chef, même en plaisantant. Les chinois sont décidément pleins de surprises !

mardi 16 mars 2010

Le restaurant chinois

Dès mon premier jour, j’ai eu la chance et l’honneur d’être invité à un repas dans un restaurant chinois. C’était le départ de l’ancienne chef d’atelier, et l’accueil de la nouvelle chef, qui arrivait donc en même temps que moi. Depuis, il y a eu d’autres occasions (annonce du plan annuel, célébration du Nouvel An Chinois, repas avec les opérateurs, …) m’ont permis de repérer ce qui a plus ou moins toujours lieu dans ce genre de repas.
Tout d’abord, quelques mots sur le restaurant. Si Shenyang (et la Chine en général, je suppose) ne manque(nt) pas de petits boui-bouis, il y a aussi beaucoup de grands restaurants. Comme pour beaucoup de choses dans ce pays, les chinois ne font pas dans la demi-mesure, et comme ils ont de la place, ils font des trucs plutôt balèzes. Donc quand je vous dis que les restaurants sont grands, imaginez des restaurants capables d’accueillir des centaines de personnes. Le plus grand restaurant dans lequel j’ai été fait la taille d’un supermarché Carrefour, et ne compte pas moins de 200 tables, avec une moyenne de 12 couverts par table. Tout simplement effrayant. Et par je ne sais quel miracle, on est quand même servi en 2 minutes 30 chrono. Dans ces grands restaurants, il y a très souvent des salles privées, avec au choix, une, deux, trois, et jusqu’à une demi-douzaine de tables pour donner une certaine intimité. Ce n’est pas plus mal car les chinois parlent très fort, et que sans cela, on ne s’entendrait plus manger. Ces tables sont toujours rondes, avec un grand plateau tournant en verre sur lequel pourront circuler les plats. Le principe de base en Chine (et je l’avais déjà constaté en Thaïlande), c’est que l’on partage les plats. La commande est faite pour tout le monde, et les plats sont disposés sur le plateau à mesure que les serveurs les apportent. Pas toujours évident de chopper ce que l’on veut avec les baguettes sans ralentir la course du plateau ! Une bonne chose à savoir, évitez de vous asseoir en face de la porte : cette place est réservée à la personne la plus importante de l’assistance (en général, le patron, ou le plus âgé, ou bien les dames).
A la différence des occidentaux, les chinois ne se rendent pas ou peu dans les bars pour aller boire des coups. Du moins, à Shenyang, où les bars sont assez peu nombreux, et plus fréquentés par les occidentaux que par les chinois. Les chinois préfèrent commencer la soirée au restaurant. Mais rassurez-vous, ça ne veut pas dire qu’ils ne boivent pas, bien au contraire. S’il y a une chose de sûre dans ce genre de dîner, c’est que ça picole sec ! Les chinois du Nord-Est (dōngběirén) sont connus pour être les plus grands et les plus costauds des chinois, et aussi ceux qui tiennent le plus l’alcool. Faut dire qu’avec le froid qu’il fait par ici, c’est assez facile à comprendre. Donc ici, la bière et le bái jiǔ (白酒, alcool de riz absolument immonde, prononcez baille tjio) coulent à flots, au rythme des gān bēi (干杯, cul sec, littéralement « faire un verre »), marqués par le bruit des verres frappés entre eux (par politesse, essayez de toujours avoir votre verre plus bas que celui de la personne avec qui vous trinquez) ou sur le bord du plateau en verre. En tant que nouvel arrivant (ou tout simplement parce que vous êtes un étranger, ou wàiguorén), il vous sera difficile d’échapper à une tournée générale de gān bēi, qu’il faut négocier tant bien que mal. Le repas avec les opérateurs (4 tables de 10 personnes) n’a pas été très évident à gérer !
Repas avec les techniciens et les chefs opérateurs
Au bout d’un certain temps, quand les caisses de bières et les bouteilles de bái jiǔ commencent à se faire vides, qu’un imposant nuage de fumée de cigarettes survole les têtes, certains chinois commencent à essayer de vous parler anglais, ce qui peut-être très pénible, ou très comique. Autre aspect un peu déroutant au début, quand on est dans une salle privée, il y a en général un ou deux serveurs (ou serveuses) qui ne s’occupent que de nous, et qui du coup restent dans la salle et nous regardent manger sans rien dire, remplissent les verres aussitôt qu’ils ont été bus, et s’assurent qu’il y a toujours suffisamment de bouteilles pleines sur la table.
L’étape d’après, c’est bien souvent le KTV, que vous devez mieux connaître sous le nom de karaoké. Je n’ai pas encore eu la « chance » d’y être invité, donc je vous en parlerai quand cette merveilleuse occasion se présentera !
P.S.: Pour des explications plus vivantes et comiques, voir aussi l'article d'Alain relatif au même sujet. C'est là que ça se passe : blog Alain.

jeudi 7 janvier 2010

Balade à Běi Líng Gōng Yuán

Un dimanche j’ai accompagné Mathieu, un stagiaire arrivé 2 mois avant moi, au 北陵公园 (Běi Líng Gōng Yuán, grand parc du nord de la ville), dans lequel on trouve notamment la tombe de Zhaoling, où reposent quelques empereurs de la dynastie Qing, et des grands lacs, qui sont bien évidemment gelés en ce moment, et sur lesquels beaucoup de chinois viennent faire du patin à glace. Mathieu s’est lui-même équipé, puisqu’il ne va rester ici que jusqu'à la fin de la période hivernale, et s’y rend régulièrement pour s’adonner aux plaisir de la glisse.
Par un froid spécialement mordant ce jour-là, puisqu’il avait neigé la veille, nous entrons dans le parc tout blanc, en direction de l’entrée de la tombe, où se trouve une piste aménagée pour les patineurs. En chemin, nous passons devant plusieurs parcs gelés, et à la surface de l’un d’eux, une tranchée d’environ 15 mètres de longueur a été creusée dans la glace pour les nageurs. Nous en rigolons avec Mathieu, jusqu'à ce qu’un quinquagénaire s’approche en slip de bain et s’élance pour un aller retour dans une eau dont j’ose à peine évaluer la température. Ça explique peut-être pourquoi les chinois vivent si vieux !
Sur l’anneau, on trouve des chinois et chinoises de tous les âges, qui patinent sur des patins à grandes lames à des vitesses impressionnantes. Il y a une sono qui crache un air chinois, ce qui donne une ambiance de vacances très agréable. Vous avez sûrement déjà vu les épreuves de patinage de vitesse aux Jeux Olympiques d’hiver, et bien, cela ressemble vaguement à ça. Autant dire que le pauvre Mathieu qui débute a du mal à se sentir à l’aise au milieu de tout ce monde lancé à toute allure.
Après l’avoir observé quelques tours, je décide d’aller faire un tour dans le parc, autour de la tombe. L’entrée n’est pas très chère, je pense que j’irai la visiter un de ces quatre. Mais ce jour-là, j’avais bien trop froid ! Le fond du parc est tout l’opposé de la piste : vide, calme, reposant. Mathieu m’a même dit qu’on peut y voir tout plein de vie, des écureuils, des rongeurs, etc. Je n’ai pas été aussi chanceux que lui, puisque je n’ai aperçu que des oiseaux.
Ça je sais pas ce que c'est, mais ça avait de la gueule, alors je vous le mets !
Shenyang possède ainsi de nombreux parcs et squares dans lesquels les chinois aiment à se rendre, pour de simples balades, mais aussi pour faire de l’exercice. Je n’y ai jamais été tôt le matin, mais je ne serai pas surpris de voir des chinois faire de l’exercice de bon matin. En effet, dans la plupart de ces parcs, on trouve la « salle de sport du chinois ». Mais qu’est-ce donc ? Il s’agit tout simplement d’espaces aménagés avec des instruments de musculation ou de gymnastique, pour faire des abdominaux, de la barre fixe, etc. Avec les températures actuelles, je n’ai que rarement vu de chinois les utiliser, mais je pense que des que le climat se fera plus clément, il y aura beaucoup plus de monde. Peut-être alors que ces endroits perdront un peu de cette tranquillité que l’on peut ressentir et apprécier là-bas.
Bon, je dois avouer que j'ai été un peu flemmard et j'ai été récupérer celle-ci sur Internet. Promis, à l'occasion, je vous en fais une "made in Shenyang"

samedi 26 décembre 2009

Shenyang, ses routes, ses voitures, et ses chauffeurs...

Puisque c'est la première chose que l'on découvre (après le froid, bien sûr...) en sortant de l'aéroport, je vais aujourd'hui vous parler de la circulation à Shenyang. Premier constat, je suis à nouveau dans un pays civilisé où les volants sont à gauche dans les voitures et où les véhicules circulent à droite sur les routes. Ouf ! Ensuite, à la différence de la Thaïlande, où seules quelques BMW et Mercedes se perdaient au milieu des Toyota, on trouve ici beaucoup plus de voitures occidentales. Audi et Volkswagen sont implantés ici depuis longtemps, et ça se voit. Si les marques me parlent, les modèles sont en revanche adaptés à l'Asie, et notamment, toutes les voitures ont des coffres longs. En effet, il semble que les chinois aiment les berlines, et pas seulement les grosses allemandes. Les voitures asiatiques restent bien entendu majoritaires, Toyota et Nissan en tête, mais il y a aussi beaucoup de marques chinoises (Brillance, Jin Bei, Chery, ChangFeng, ...) qui font des berlines qui ont tout autant la classe.
Tout ce joli parc automobile circule sur des voies immenses. Ceux qui les ont conçus ont été très malins et ont anticipé que le nombre de voitures allait un jour exploser. Ainsi les petites avenues sont déjà des 2×4, et l'on va jusqu'à du 2×8 ! Voilà pour la « photo » de la ville. À l'arrêt. Si maintenant, vous décidez de mettre tout cela en mouvement, cela vous donne une joyeuse anarchie qu'il va m'être difficile de décrire pleinement dans un seul post. Je pense qu'en un an ici, d'autres anecdotes m'inspireront des articles à ce sujet. Mais pour vous donner une petite idée de ce que c'est, il faut savoir que :
  • le concept de clignotant est visiblement peu connu.
  • de la même façon, les franchissements de lignes continues, et a fortiori de doubles lignes continues, n'ont pas l'air interdit...
  • en revanche, le klaxon est sur-utilisé et signifie un nombre incalculable de choses. Je vous renvoie à l'article d'Alain sur les taxis à Shenyang pour un aperçu de ce que c'est. Je pense aussi que la description de Thibault sur la conduite à Mumbai se rapproche pas mal de Shenyang.
Quelques petites anecdotes :
  • Il n'est pas rare de voir une 2×4 voies se transformer en 3-5, parce qu'un conducteur un peu pressé à décider de grignoter une voie, et cela arrive d'autant plus souvent que l'on s'approche d'un carrefour.
  • Les carrefours sont en théorie gérés à l'américaine. C'est-à-dire que les feux sont de l'autre côté du carrefour, et que on a le droit de tourner à droite même si le feu est rouge (en laissant la priorité à la voie qui a le feu vert, quand même). En pratique, c'est juste le gros boxon.
  • Il est déconseillé de mettre sa ceinture. Pourquoi me direz-vous, alors que justement, vu que les gens circulent comme des fous, il vaudrait mieux la mettre ? Parce qu'elles servent tellement peu que si vous avez le malheur de la mettre, vous aurez le droit à une magnifique diagonale noire sur votre chemise...
Mais l'oscar de la plus grosse blague revient sans conteste à la rocade sud qui mène à l'usine. C'est une rocade en grande partie suspendue, avec beaucoup de jonctions de routes entre les piliers qui la soutiennent. L'hiver, l'eau qui s'est infiltrée dans ces jonctions a une fâcheuse tendance à geler (c'est quand même bizarre alors qu'il fait si bon dehors...), et donc les jonctions explosent. Ajoutez à cela une autre fâcheuse tendance, celle des camions à rouler bien plus chargés que ne l'autorise la loi (si jamais il y en a une concernant une éventuelle limite de chargement), et vous obtenez des nids de poules énormes tous les 50 mètres, sur à peu près toute la longueur de la rocade. Les réparations sont encore plus risibles : 2 chinois s'arrêtent à chaque trou pour déverser du bitume chaud depuis l'arrière de leur voiture, tassent vaguement avec une pelle, et enchaînent. Autant vous dire que le premier camion qui passe là-dessus explose bien gentiment cette réparation de fortune, et l'on se retrouve en plus avec des gravillons partout !

Une petite carte pour vous aider à repérer mes visites en Asie


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